Attention, le « databerg » menace votre entreprise

Attention, le « databerg » menace votre entreprise

L’explosion du volume des données est une réalité pour les entreprises et les responsables de datacenter y sont confrontés tous les jours, c’est ce que l’on appelle désormais le « Databerg ». Laisser les utilisateurs libres de tout stocker peut être tentant à l’heure où les coûts du stockage ont baissé de manière significative, mais cet afflux de fichiers à l’utilité parfois très discutable présente de nombreux coûts cachés. Les administrateurs doivent faire face à des volumes de données considérables à sauvegarder et, à l’heure où les entreprises cherchent à limiter les couts et gagner en agilité, cette face cachée du « databerg » devient un handicap de plus en plus lourd.

Seulement 14% des données stockées dans le système d’information des entreprises européennes sont clairement identifiées et véritablement utiles pour l’entreprise. C’est le chiffre choc de l’enquête « Databerg 2015 » réalisée pour Veritas auprès de 1 475 responsables informatiques dans 14 pays de la zone EMEA, dont 200 en France. Une étude solide montre que si les entreprises européennes font un peu mieux que les entreprises au niveau mondial sur le plan de la maitrise de leurs données, beaucoup reste encore à faire. Ainsi, si 14% des données peuvent être qualifiée de pertinentes pour le business des entreprises, 32% sont totalement inutiles. Il s’agit de données « ROT », c’est à dire soit redondantes, obsolète ou triviales. Des données triviales, tout le monde en stocke sur son smartphone comme sur son PC de bureau.

68% des français copient des documents personnels sans doute très utiles pour faire des formalités en ligne ou préparer ses vacances mais totalement dénués du moindre intérêt dans un cadre professionnel. Pire, nous sommes 62% à avoir copié sur notre poste de travail des photos personnelles. Pour peu qu’un utilisateur ait installé Microsoft OneDrive sur son smartphone et toutes ses photos seront automatiquement sauvegardée dans le Cloud et… synchronisées sur son PC professionnel. Très pratique pour montrer les photos du petit dernier à un collègue, mais l’administrateur de l’infrastructure informatique interne risque de beaucoup moins apprécier car tous ces documents, ces images, vidéos et musiques personnelles risque bien d’atterrir sur les serveurs de backup de l’entreprises. Le coût des données « ROT » est estimé à 591 000 € par an pour chaque entreprise européenne, soit un total de 784 milliards d’euros en 2020 sur la zone EMEA.

Les utilisateurs français, des champions du contournement des règles de stockage

28% des français avouent considérer les ressources informatiques de leur entreprise comme à leur disposition pour stocker leurs propres données. Des gigaoctets de données parfaitement inutiles qui occupent le disque sur de leurs PC mais qui surtout vont encombrer les baies de stockage de l’entreprise via les procédures de sauvegarde automatique. Si le cout de ses équipements n’est pas forcement un point bloquant, cela occupe des m2 de datacenter et alourdi les coûts liés à la maintenance des infrastructures de stockage. Sauvegarder ces gigaoctets de fichiers inutiles allonge considérablement les procédures de transfert de données, de stockage et les éventuelles migrations en lien avec les renouvellements des équipements. Le tout entrainant des surcouts évidents lors de la mise en place d’un PRA ou d’un PCA. Il faut alors répondre à la question : où est l’information réellement vitale pour l’entreprise, comment alors trier le bon grain de l’ivraie ?

Le « Dark Data » une source de surcout mais sans valeur pour l’entreprise

54% de l’ensemble des données stockées ne sont pas identifiées par les DSI ! Les analystes ont baptisé cette face immergée de l’iceberg le « Dark Data ». Il s’agit de données auxquelles les utilisateurs n’ont pas accédé depuis des années, des données qui sont bien souvent redondantes car dupliquées par les utilisateurs lorsqu’ils diffusent des fichiers entre eux par email. Personne ne sait quoi faire de ces données. Faut-il les maintenir en ligne, les archiver sur des médias peu couteux ou sur le Cloud, ou tout simplement les détruire, nul ne sait. Sans stratégie de gouvernance des données, personne, qu’il soit à la DSI ou dans les directions métiers, ne peut prendre à lui seul la décision de détruire ces données.

Le surcoût de cette « Dark Data » devient criant lorsque l’entreprise va se voir contrainte de retrouver une information précise dans un délai bref. C’est une problématique que l’on connait bien dans le secteur bancaire, un secteur très réglementé. Les banques sont tenues de délivrer toutes les informations demandées par les autorités sous un délai de 3 semaines lorsqu’elles doivent justifier de telle ou telle opération financière. Retrouver les informations demandées sur des supports qui sont aujourd’hui multiples et qui peuvent être des documents, des emails, mais aussi des conversations enregistrées est devenu très complexe et les délais sont de plus en plus courts. Pour les banques et institutions financières, avoir une visibilité totale sur les données et pouvoir les fournir aux autorités est devenu critique puisqu’elles s’exposent à de lourdes pénalités en cas de défaut de présentation des documents.

Cette contrainte qui pèse sur le secteur financier commence à apparaître dans d’autres secteurs. C’est déjà le cas dans le monde de la santé et toutes les entreprises doivent commencer à penser autrement la façon dont elles gèrent les données. La politique du stockage gratuit et illimité pour tous les utilisateurs doit laisser la place à un stockage contrôlé et maitrisé. C’est comme cela que votre système d’information ne percutera pas le « databerg » !

 

L’enquête « Databerg 2015 » montre que les français n’hésitent pas à stocker des documents personnels sur leurs postes de travail, y compris des photos, des vidéos.

Les utilisateurs français sont de grands adeptes des services de stockage dans le Cloud, avec tous les risques que cela sous-entend en termes de sécurité et de risque de fuite des données.

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SCC

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