Comment bien choisir sa baie de stockage

Comment bien choisir sa baie de stockage

Quelles sont les qualités primordiales nécessaires à un système de stockage de données professionnel ? La question peut sembler anodine tant la notion de baie de stockage est désormais banalisée chez les constructeurs. Prenons un peu de recul pour en revenir aux bases de la problématique. Nous avons questionné Sami Fredj, Directeur des consultants Intelligent Data Management – Channel chez Dell, qui nous livre les éléments clés à considérer.

SCC : Quel est le premier critère essentiel à considérer pour bien orienter son choix lors de l’acquisition d’une baie de stockage ?

Sami Fredj : La disponibilité. Quand on stocke tous ses œufs dans le même panier, autant qu’il soit solide. Il faut englober ici tous les éléments contribuant à la disponibilité du système comme la connectivité réseau (FC, Ethernet, FCoE) permettant la mise en cluster des serveurs et des applications, la redondance du matériel, la stabilité de l’OS temps réel au niveau des contrôleurs, les clones et snapshots pour la préservation locale des données, et la réplication inter-baie.

SCC : La volumétrie/capacité ainsi que la vitesse des disques ne sont donc plus les seuls critères à prendre en compte ?

Sami Fredj : Cet argument n’a effectivement plus cours. Aujourd’hui, on dispose d’une offre de disques rapides de 600 Go voire 900 Go, et de disques lents allant de 2 à 3 To. Même un système d’entrée de gamme sait proposer plus de 100 disques, un milieu de gamme de 500 à 1000 disques et un haut de gamme de 1000 à 2000 disques. On n’a donc plus de problèmes pour mettre en ligne de grandes capacités. Cependant, les problèmes liés au capacitif sont plus liés au maintien en ligne de cette volumétrie (vous avez dit disponibilité ?), à sa sauvegarde/restauration ou à la densité d’I/O à produire sur une telle capacité.

SCC : Tout est donc lié à la performance ainsi qu’à la gestion de cette capacité ?

Sami Fredj : Tout à fait ! La performance, justement, est souvent citée comme qualité essentielle d’un système de stockage professionnel. C’est aussi ce qui va permettre de distinguer entrée, milieu ou haut de gamme. Mais il est une qualité essentielle régulièrement ignorée ou mal perçue par les non-spécialistes, à savoir la linéarité du système envisagé.

SCC : La linéarité ? Pouvez-vous nous expliquer ?

Sami Fredj : Supposons que vous désiriez un système de stockage avec un indice de performance de 100 et que je vous fournisse un système qui délivre 300 à certains moments et 50 à d’autres, comment réagiriez-vous ? Pensez-vous réellement qu’un patron de production puisse accepter qu’une même requête puisse passer en quelques dizaines de minutes certains jours, et en plusieurs heures d’autres jours ? Combien de temps pensez-vous que la plateforme résistera au mécontentement et à la frustration dues à ce fonctionnement ? Question accessoire, combien de temps pensez-vous que le présumé responsable de cette infrastructure pourra survire à sa plateforme ? Donc la performance sans linéarité ne vaut pas grand-chose. Une des causes principales de ce comportement aléatoire réside dans une mauvaise répartition des données.

SCC : comment y remédier ? Quelles solutions peut-on apporter à cette contrainte ?

Sami Fredj : Tout d’abord, il faut savoir que la performance en stockage est majoritairement issue de deux caractéristiques : la puissance des contrôleurs de la baie considérée et le nombre de disques gérés par ces mêmes contrôleurs. La performance s’obtient en parallélisant au mieux les opérations de lectures et d’écritures sur le plus grand nombre de disques possible (que ce soit des disques de type classique ou SSD, même si ce dernier produit notoirement plus d’I/O). Sur un système non virtualisé, on va créer des volumes RAID sur un nombre fini de disques en créant des ilots de performance propres à chaque environnement. Mais cette méthode a ses limites. Outre le fait de limiter chaque environnement à ses ressources propres (le nombre de disques qui lui est affecté), des problèmes vont souvent surgir lors des extensions de volumétrie.

SCC : la virtualisation du stockage est donc une condition sine qua non pour une baie de stockage performante ?

Sami Fredj : C’est mieux. La virtualisation au niveau des systèmes de stockage consiste en fait à regrouper les disques en pool et à répartir tous les volumes sur l’ensemble des disques du pool concerné. On dispose donc du système le plus performant possible car il fait fonctionner en parallèle un maximum de ses ressources. Il est par ailleurs linéaire car capable de redistribuer l’ensemble des données sur l’ensemble des disques, même en cas d’ajout de nouveaux disques (et à chaud de surcroit). En supprimant les îlots de disques propres à chaque grappe RAID, la virtualisation permet d’optimiser les ressources. Tous les disques participent à la performance de toutes les requêtes. De plus, lorsqu’un serveur est inactif, la performance qu’il n’utilise pas est remise à disposition des serveurs qui en ont besoin, ce qui n’est pas le cas quand chaque serveur dispose de ses disques dédiés. Ici les temps faibles des uns font les temps forts des autres. Grâce à la virtualisation, on dispose d’un système linéaire garantissant une performance optimale, une administration souple et simplifiée, et une grande évolutivité.

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Leo Durn

Solution Architect.

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