DSIs, il est temps de prendre le volant

Sandrine Denoble interviewe Michel Teyssèdre

Le CIO doit être force de proposition pour les métiers et acteur dans la transformation de business  de son CEO. Cela veut dire AIDER à REINVENTER le BUSINESS par des applications FRONT OFFICE et BIG DATA, REPENSER  son IT  en cohérence Cloud Privé, Cloud sur roulettes PureSystem, ou autre….  L’agilité du Back office  IT doit être la priorité pour ne pas passer à côté des opportunités Business.

C’est d’autant plus vrai que de véritables solutions d’infrastructures fleurissent sur le marché, et qui sont bien plus que de nouvelles gammes matérielles. Ces systèmes nécessitent une véritable transformation, pas seulement de l’infrastructure, mais de la manière de penser et de faire de l’informatique. Avec en corollaire, une transformation profonde des organisations. De quoi fuir à grandes enjambées…

Pour tenter de dédiaboliser tout cela, il me semblait intéressant de vous faire partager une récente discussion que j’ai eue avec Michel Teyssèdre, Chief Technology Officer chez IBM à ce sujet. Michel connaît bien la problématique des DSIs, pour en rencontrer énormément au quotidien, mais aussi pour l’avoir été lui-même. Interview.

En quoi votre «Cloud sur roulettes», tel que vous surnommez la nouvelle gamme PureSystem chez IBM est unique ? Que répondez-vous aux DSIs qui trouvent cher le changement ?

Je leur réponds que c’est une plateforme qui a de la valeur ! Il faut aussi qu’ils comprennent que ce n’est pas un produit de plus dans une gamme. On n’annonce pas une nouvelle baie de stockage, ou du réseau, ou un empilement de technologies, mais bel et bien une «machine de transformation». Tout a été repensé depuis le début. Cette plate-forme, par son approche totalement intégrée «par design», permet de gérer toutes les ressources de manière entièrement automatique, sécurisée. Elle a de plus l’avantage d’être totalement ouverte. On a fait un saut quantique. On apporte une véritable réponse aux nouveaux besoins. D’ailleurs, je ne connais pas un DSI qui n’a pas trouvé l’approche intéressante. Sur le marché, d’autres acteurs se sont lancés sur le même créneau. Peu ont poussé le design et l’intégration aussi loin.

Faut-il vraiment que les DSIs changent de modèle ?

Oui. La situation actuelle n’est plus tenable. Trois projets sur cinq sont en retard, un projet sur cinq n’aboutit jamais. Pourquoi ? Parce que jusque-là, les directions informatiques n’ont pas eu de réponse satisfaisante à leurs problématiques. Leur autre problème, c’est le coût de la maintenance de l’infrastructure. Beaucoup d’entreprises doivent vivre avec un cancer informatique caractérisé par une prolifération de serveurs et des données, un patchwork de technologies disparates et d’âges différents, et avec une flexibilité quasi nulle. Aujourd’hui, 70 % des budgets sont consacrés à la maintenance au sens large et à l’exploitation de l’infrastructure. C’est une catastrophe !  Il faut inverser la vapeur, décongestionner l’IT. Les silos sont destinés à mourir, sinon, c’est l’entreprise elle-même qui meurt.

N’est-ce pas un peu tarte à la crème? Les DSIs n’en ont-ils pas déjà conscience ?

Oui, c’est vrai, mais beaucoup avancent à reculons. Il y a deux types de profils : ceux qui qui sont embourbés dans le backoffice, et ceux, plus naturellement dans le front office, qui comprennent les métiers, et sont beaucoup plus prêts à enclencher la transformation vers ce monde complètement différent. Cela dit, pour tous, cela va prendre du temps. Il y a beaucoup de personnes à convaincre. Mais il ne faut pas se leurrer. De toutes les façons, c’est là qu’on va. Aujourd’hui, l’informatique doit s’intéresser aux données, et à ce qui apporte la valeur à l’entreprise. Tous ces concepts d’automatisation de process sont déjà derrière nous. Nous entrons réellement dans une nouvelle dimension. Comme aurait pu dire Coluche, changer d’ère, «c’est comme le pinard, c’est obligatoire» !

La peur de perdre son boulot est-elle justifiée ?

Oui et non. Evidemment, il va y avoir du changement. Mais je leur dis toujours que changer de modèle va libérer tous les experts des tâches contraignantes et sans valeur, qui coûtent fort cher. Les équipes, libérées de cette infrastructure qui les empêche de fonctionner vont gagner en agilité. En prenant le bon virage, les projets ne rateront plus, car les DSIs se seront concentrés sur ce qui apporte de la valeur aux projets métiers. Ce qui est rassurant, c’est que tous les DSI que j’ai pu rencontrer ces dernières semaines ont soif de transformation, et voient les nouveaux systèmes plutôt d’un bon œil. Mais ils ne savent pas par quel bout s’y prendre, sans y perdre trop de plumes. Mais le nouveau métier de la DSI, libérée de la «prod», sera en fait bien plus passionnant. Ils seront des pivots dans la supply chain de l’information.

Comment le DSI peut se réinventer ?

Le DSI doit tenir le volant ! Il doit être force de proposition auprès des directions métiers, et acteur dans la transformation business menée par la direction. Le contrôle des projets métiers garantit la cohérence des données, ce qui assure à terme la cohérence de l’entreprise. Si par faute de temps ou de ressources il fait l’erreur de laisser les directions métiers prendre des initiatives pour répondre à leurs besoins, cela peut avoir des conséquences gravissimes ! Ces dernières risquent de se disperser et souscrire elles-mêmes à des multiples offres SaaS, qui peuvent être attractives, mais entraînent une non-cohérence à long terme des données et du système d’information.  En somme, il doit donc aider à réinventer le business par des applications front office et big data, et repenser son IT en adéquation. L’agilité du backoffice doit être la priorité pour ne pas passer à côté des opportunités business.

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SCC

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