L’open source va-t-il faire vaciller VMware ?

En ce début d’année 2013, tentons l’impensable : serait-ce vraiment le début de la fin du règne VMware ? Non pas parce que sa technologie serait devenue mauvaise, loin de là. Mais parce qu’aujourd’hui les alternatives semblent avoir vraiment du répondant.

En 2012, lentement mais sûrement, Hyper-V s’est taillé une bonne part de marché. Une étude récente du Gartner prévoit en effet que Microsoft Hyper-V représenterait près de 27 % des parts de marché en 2012, contre 11 % en 2010, avec une présence très forte dans les petites entreprises. Si ces chiffres sont toujours difficiles à vérifier, une chose est sûre : les entreprises ont -pour beaucoup- évalué cette alternative. VMware a d’ailleurs pris la menace très au sérieux. Mais Microsoft ne serait pas le seul responsable, surtout lorsque l’on ajoute au mélange Citrix et son XenServer.

D’autres éléments plus récents viennent s’ajouter à l’équation. Plusieurs grands fournisseurs, à commencer par IBM, HP, BMC Software, Intel et Red Hat, se sont il y a quelques mois regroupés dans l’Alliance Open Virtualization afin de promouvoir une plate-forme de virtualisation open-source : Kernel-based Virtual Machine (KVM) en tant qu’alternative à VMware. Jusque là, KVM était vu comme intéressant, mais pas suffisamment mûr pour concurrencer le leader, ni même challenger Hyper-V.


Début d’une nouvelle époque

Cette époque est révolue. KVM a mûri. Mais surtout, Red Hat a sorti en décembre dernier la mouture 3.1 de sa plate-forme Red Hat Entreprise Virtualization, qui pour certains analystes, est plus que prometteuse. Non seulement elle s’appuie sur les dernières évolutions de KVM, mais apporte en plus tous les outils d’administration nécessaires. Car bien entendu KVM seul, en simple hyperviseur, n’est rien sans un environnement graphique d’administration, notamment dans les entreprises et organisations utilisant déjà le concurrent propriétaire.

Pour certains experts, Red Hat Enterprise Virtualization 3.1 serait déjà vu comme l’Hyper-V du marché Linux. Et pourrait vraiment gagner du terrain à grande vitesse. Les clients, réticents au changement, et peu enclins à prendre des risques avec une plate-forme trop jeune, devraient au moins désormais la prendre en compte dans leur réflexion. D’autant que Red Hat a en parallèle étoffé son écosystème et conclu des partenariats de choix, comme avec Cisco.

Cinq arguments pour la virtualisation open source
Jusque là VMware a toujours argumenté sur la richesse et les performances de sa plate-forme. Et de fait, il a raison. Aujourd’hui, aucune plate-forme ne lui arrive réellement à la cheville. La plupart des clients ne veulent, de surcroît pas remettre en cause l’infrastructure établie.
Mais il faut reconnaître qu’aussi bien Microsoft que Red Hat ont su remonter la pente et offrir désormais des fonctionnalités au niveau de celles de VMware. Certes, il en manque encore quelques unes, mais ces plate-formes en apportent d’autres, comme la prise en charge de matériel de grande taille. D’autres arguments incitent aussi à considérer de plus près Red Hat Enterprise Virtualization 3.1. Ne serait-ce que pour ne pas garder tous ses oeufs dans le même panier, et opter pour une stratégie non bloquante, surtout si l’éditeur en place change de modèle économique en cours de route ce qui est déjà arrivé par deux fois dans les 18 derniers mois.

1-Le coût
Si la Rolls VMware est sans conteste le leader technologique, avec pléthore de fonctionnalités et une plate-forme d’administration hors pair, elle reste la plus chère, malgré des baisses successives des coûts de licence. Red Hat assure quant à lui que son modèle à la consommation permet une réduction de 50 à 70 % du coût, lui donnant un sérieux avantage face aux autres acteurs. Le modèle économique de la souscription Red Hat permet en plus de profiter des avancées technologiques dès qu’elles sont disponibles, sans devoir acquérir la licence d’une nouvelle version.

2-Les performances
Et ce, même dans le cas de la virtualisation des bases de données. Red Hat Enterprise Virtualization 3.1 supporte jusqu’à 160 processeurs logiques et jusqu’à 2 téraoctets de mémoire par machine virtuelle, tandis que l’hyperviseur KVM prend désormais en charge les processeurs x86 standard de dernière génération. Certains benchmarks assurent que Red Hat Enterprise Virtualization 3.1 est sensiblement aussi bon, voire meilleur dans certains cas qu’un vSphere 5.1.

3-Le stockage.
Red Hat Enterprise Virtualization 3.1 a intégré Red Hat Storage et son système de fichier GlusterFS. La solution propose aussi une nouvelle technologie de migration en temps réel des ressources de stockage qui permet de migrer des fichiers de disques de machines virtuelles d‘un domaine de stockage à un autre sans avoir à stopper la VM (équivalent à Storage VMotion de VMware)

4- La sécurité
En novembre dernier, Red Hat Enterprise Linux 6 incluant l’hyperviseur KVM, a reçu la certification Common Criteria à l’évaluation de niveau d’assurance EAL 4 +. Red Hat Enterprise Virtualization 3.1 dont l’hyperviseur s’appuie sur Red Hat Enterprise Linux, dont les systèmes de protection SELinux et sVirt utilisés ont été pilotés par la NSA, National Security Agency.

5-Facilitateur pour le Cloud Hybride
Red Hat propose aussi une pile complète pour le Cloud en open source, qui permet d’envisager une stratégie hybride. Le succès des OpenStack, CloudStack, face aux solutions propriétaires ces derniers mois, montrent à quel point l’Open Source gagne du terrain et a tout intérêt à être dans les infrastructures « on premise », pour mieux se connecter aux Clouds publics. La récente acquisition de ManageIQ est une preuve de plus de la capacité de Red Hat à fournir une solution complète de gestion de Cloud hybride à ses clients.

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SCC

1 Comment

  1. Peter

    Merci pour ce partage

    Réponse

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