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Matériels, installations, usages : 3 axes d’amélioration pour des datacenters éco-responsables

Matériels, installations, usages : 3 axes d’amélioration pour des datacenters éco-responsables

Datacenter éco-responsable : un luxe réservé aux géants ? Partie 2

Souvent considérés comme des monstres énergivores, les datacenters sont de plus en plus nombreux aujourd’hui à mettre en œuvre des solutions destinées à faire baisser leur facture énergétique. Et ce, sans nuire à la continuité de service ni que soient nécessaires des investissements colossaux.

Améliorer l’efficience énergétique d’un datacenter passe d’abord par une évaluation de chacun de ses composants, sur l’ensemble de son cycle de vie, afin d’identifier précisément les leviers sur lesquels les hébergeurs pourront agir pour réduire l’impact environnemental de leurs installations. On distingue ainsi trois axes majeurs d’amélioration, permettant de réduire les consommations à tous les niveaux.

Opter pour des composants moins énergivores

Le premier levier concerne les composants informatiques. Certains composants anciens peuvent être remplacés par des versions moins énergivores, et capables de supporter des températures plus élevées. C’est notamment le cas des processeurs, dont les dernières générations sont développées dans des matériaux hypraconducteurs, qui permettent de mieux répartir la chaleur et de tolérer des températures plus élevées dans les salles.

Parce qu’ils ont tendance à privilégier la sécurité pour assurer la disponibilité et la performance des services, les datacenters utilisent souvent leurs serveurs à moins de 50% de leur capacité. Ce surdimensionnement génère une surconsommation énergétique, puisqu’ils consomment presque autant d’énergie qu’un serveur chargé à 100%. Optimiser le dimensionnement des serveurs permet ainsi d’améliorer leur utilisation et leur rendement, et donc de réaliser des économies substantielles sur leur facture énergétique.

Améliorer l’agencement des installations

L’architecture des centres de données est également un paramètre clé dans la réduction de leur consommation d’énergie. Les datacenters doivent être aménagés de manière agile, modulaire et standardisée, afin de permettre aux infrastructures d’évoluer et de s’adapter aux montées en charges. Des solutions modulaires peuvent ainsi être adoptées pour les systèmes d’alimentation électrique sécurisée, les armoires de batteries avec des tiroirs débrochables, ou encore pour les installations de refroidissement, comme des économiseurs d’air, des groupes de production d’eau réfrigérée ou des groupes frigorigènes.

Rappelons ici que le système de refroidissement est le poste de coût d’exploitation le plus important dans un datacenter : il peut représenter jusqu’à 40% de sa consommation énergétique totale. Il est donc essentiel d’opter pour des systèmes de refroidissement plus efficaces, permettant de réduire les déperditions d’énergie et d’améliorer le rendement des équipements. Le confinement des allées froides et chaudes permet, par exemple, de séparer les flux thermiques, de canaliser le froid et de rafraîchir au plus près de la machine, en fonction de son niveau de charge, plutôt qu’une salle entière.

Développer de nouveaux usages éco-responsables

Le troisième axe concerne les usages et la capacité des hébergeurs à transformer leur organisation. Il est notamment question ici de la mise en place de plateformes plus agiles, type cloud, afin d’optimiser l’allocation et l’utilisation de ressources. Il est également question du déploiement et de l’exploitation de solutions de DCIM (Data Center Infrastructure Management), pour monitorer les salles informatiques et détecter les postes énergivores.

Les datacenters doivent par ailleurs franchir un pas s’agissant de l’utilisation des énergies renouvelables. D’abord pour l’alimentation électrique d’une partie de leurs équipements : panneaux photovoltaïques ou énergies éoliennes ont ainsi déjà fait la preuve de leur performance en matière d’efficience énergétique. Ensuite pour une gestion plus économique, notamment des systèmes de refroidissement,  en utilisant par exemple la température de l’air extérieur (free-cooling, free-chilling…), les nappes ou les carrières souterraines (géo-cooling). Les solutions de récupération de chaleur fatale permettent par ailleurs d’assurer les besoins de chauffage du reste du bâtiment.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’est pas nécessaire de s’appeler Google, Apple, Facebook ou Amazon pour prétendre avoir un centre de données responsables, agiles et écologiques. De nombreuses initiatives ont vu les jours ces dernières années, et d’autres continuent à émerger, pour permettre aux datacenters de se transformer, pas à pas, selon leur existant, leurs objectifs et leurs contraintes. Chaque opération d’optimisation, quelle que soit son envergure, constitue une avancée écologique et économique, et la promesse d’un marché plus responsable et plus respectueux de son environnement.

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SCC

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