Pour la DSI, la donnée n’est pas seulement un enjeu technologique

Pour la DSI, la donnée n’est pas seulement un enjeu technologique

Si l’information a toujours été au cœur de la dénomination de la DSI, force est de constater que la technologie l’a longtemps emporté sur la donnée. Mais avec la digitalisation de l’économie, la donnée est devenue l’or noir du 21ème siècle. Un nouveau paradigme que la DSI doit prendre en compte dans son organisation et le développement de nouveaux projets.

La digitalisation de l’entreprise n’est pas un phénomène récent. Souvenez-vous : c’est en 2006 que le concept d’Entreprise 2.0 est apparu, désignant « les technologies et pratiques commerciales [permettant] d’accéder à la bonne information, au bon moment, à travers un réseau d’applications interconnectées1». Depuis, le concept a fait du chemin, au gré des innovations technologiques successives qui ont jalonné ces dix dernières années.

Il y a aujourd’hui consensus autour de la nécessité pour les organisations d’opérer leur transformation digitale. Organisations, processus, outils, métiers… tout y passe ! Avec toutefois une constante, qui constitue le cœur de cette transformation : la donnée. Donnée qui, elle-même, s’est enrichie, complexifiée, démultipliée. Nous sommes entrés dans l’ère du Big Data, où le nombre de sources et le volume des données collectées atteint des chiffres renversants. Et l’entreprise, digitale ou non, doit apprendre à maîtriser cette donnée, devenue l’or noir du 21ème siècle.

Transformation digitale : les DSI dans le flou

Les entreprises doivent apprendre à tirer parti de l’énorme capital informationnel dont elles disposent aujourd’hui. Ce qui nécessite de repenser la façon dont il est organisé et mis à disposition. En effet, la volumétrie, la variété, la versatilité ou encore la mobilité des données, imposent de mettre en œuvre des dispositifs de stockage, d’accessibilité et d’analyses adaptés, loin de l’organisation en silos historiquement privilégiée.

Pour les DSI, la tâche s’avère extrêmement complexe. D’autant que leur positionnement au sein de l’entreprise a été quelque peu ébranlé par le phénomène de digitalisation. Utilisateurs de plus en plus matures et autonomes avec les technologies, émergence de nouveaux métiers, à la croisée de l’informatique et du marketing (Chief Data Officer, pour ne citer que celui-là), responsabilité croissante des Directions Marketing sur les questions de gestion des données… La place des DSI n’est plus aussi claire qu’elle a pu l’être auparavant.

Selon une étude Qlik/CXP, parue en juin 2016, plus d’un tiers des DSI considèrent ainsi qu’ils ne sont plus incontournables dans la gestion de projets digitaux, et constatent que les métiers sont de plus en plus impliqués dans la gouvernance des données. Il est en outre intéressant de noter que plus de la moitié d’entre eux explique qu’une expression trop floue de leurs besoins constitue le principal facteur d’échecs dans des projets menés autour de la donnée.

Les réponses technologiques aux enjeux stratégiques

Comment la DSI peut-elle résoudre cette problématique ? Quels sont les outils à sa disposition ? Si la grande majorité des DSI reconnaissent que toutes les données générées ont de la valeur, peu en revanche estiment disposer des bonnes solutions de stockage pour les recueillir, les stocker et les traiter de manière appropriée.

Les innovations en matière d’infrastructure et de stockage sont pourtant nombreuses et constantes. Le système de stockage objet (Object Storage), en se basant sur des objets et des métadonnées plutôt que sur des blocs, permet ainsi de gérer, d’automatiser et de rationaliser le stockage de très grands volumes de données non structurées. Plus économiques que les systèmes NAS/SAN, les systèmes de stockage objet sont également extrêmement flexibles, grâce notamment à des APIs qui permettent d’interagir facilement et de manière transparente avec le système, tout en gérant à la volée l’évolution de sa capacité de stockage.

Les infrastructures hyperconvergées (HCI) constituent également une avancée de taille en matière de stockage scale-out : plus agiles, plus évolutives et plus économiques que les solutions de stockage traditionnelles, les HCI n’ont pas fini de faire parler d’elles, en particulier dans un contexte de virtualisation croissante des serveurs. De même que le stockage flash, dont la stabilité et les performances ouvrent des opportunités business jusqu’ici inaccessibles aux entreprises dotées de systèmes ancienne génération.

Pour la DSI aussi, la donnée devient un actif majeur pour créer de la valeur

La donnée est donc devenue un actif fondamental dans l’entreprise digitale. Mais elle peut aussi devenir un moteur majeur des DSI pour créer de la valeur. Les DSI doivent aujourd’hui s’émanciper du rôle d’intégrateur de services informatiques auquel elles ont longtemps été cantonnées, et se positionner au cœur de la politique de gestion de l’information de l’entreprise, en devenant un « facilitateur ». Autrement dit, en mettant à disposition de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise, la donnée et les outils analytiques nécessaires pour développer le business et accompagner son évolution.

Nous l’avons vu, les outils existent. Les infrastructures évoluent, s’enrichissent, s’adaptent à cette explosion massive des données. Elles permettent de consolider, d’unifier et de virtualiser le stockage. Mais la véritable valeur ajoutée des DSI est, non pas uniquement dans le choix d’une solution technologique, mais aussi (surtout ?) dans leur capacité à urbaniser les données, c’est-à-dire à les cartographier, les relier aux processus et aux activités, les référencer. Et cela passe par une transformation de la gouvernance de la DSI, de ses compétences et de son organisation, pour casser les silos et adopter une approche plus transversale de la donnée et de son utilisation.

La donnée n’est donc pas seulement un enjeu technologique pour les DSI, elle en est aussi un nouvel actif. A condition bien sûr qu’elles aient les bons outils, mais aussi la bonne gouvernance et la bonne approche organisationnelle, pour revendiquer et tirer parti de leur responsabilité en matière de gestion de la donnée.

 

(1)Indus Khaitan – http://www.khaitan.org/blog/

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