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Tablettes : DSIs, ne vous faites plus avoir

La tablette a-t-elle vraiment sa place en entreprise ? Question stupide, la tablette est déjà en entreprise ! Les analystes estiment même que d’ici fin 2013, 8 entreprises sur 10 auront intégré des tablettes dans leur parc de matériels servant les besoins métiers.

Pourtant, pour certains DSIs, l’arrivée sauvage de ces nouveaux terminaux a des airs de chaos. Une forte impression de perdre le contrôle de leur parc de terminaux. Cependant, j’ai souvent remarqué que cette perte de contrôle n’existe que parce que la DSI est réfractaire à cette arrivée massive de machines «grand public», principalement des iPads. Et ils ont raison. C’est un véritable risque. Rappelez-vous, c’est comme lorsque les PCs sont arrivés dans l’entreprise dans les années 80. Les DSIs se sont vite retrouvés débordés avec des données stockées sur des PC individuels au lieu d’être agrégées sur le système central. Avec les iPads, le problème, c’est que ces appareils n’ont ni les sécurités, ni la solidité, ni les aspects de management, gestion, administration imposés par bien des environnements professionnels.
On ne peut pas en vouloir aux utilisateurs : jusqu’il y a peu, c’est aussi parce qu’il n’y avait pas d’alternative que les employés ont ramené leurs tablettes grand public de la maison, parce qu’elles étaient les reines de la mobilité.

Que faire avec les tablettes ? Les interdire ? Non ! DSIs, il est question de votre crédibilité ! L’attractivité de l’entreprise est l’un des grands enjeux de cette mobilité : ne donnez pas l’impression ni aux clients, ni aux employés de refuser l’innovation, de refuser la modernité. Quelle image l’entreprise renvoie-t-elle lorsqu’elle équipe encore ses employés de portables qui pèsent 4 Kg et qui tournent toujours sous un ancien OS ?

Il faut juste anticiper.

Définir les usages

Tout commence donc par une phase pour déterminer les usages pour confirmer et valider la création de véritables « packs métiers ». Cette première étape est d’autant plus essentielle qu’elle permettra également de déterminer les niveaux de service qui viendront s’appliquer. En effet, non seulement il est possible de mettre en œuvre une réponse globale comprenant matériel, contenu et services, mais il est aussi possible d’opter pour un financement innovant avec, par exemple, un coût défini par utilisateur et par période. Ensuite, seulement, il convient de décider si la tablette a sa place ou non dans l’entreprise, et pour qui.

Quelle tablette choisir ?

On me pose souvent cette question. Le métier et l’usage vont conditionner le format de l’appareil. Et l’aspect hybride (portable qui se transforme en tablette et vice et versa) peut être intéressant. Depuis l’arrivée de Windows 8, pas moins d’une trentaine de modèle de tablettes ou de portables hybrides ont vu le jour. La bonne nouvelle, c’est que ces tablettes sont faites pour l’entreprise, puisque hautement administrables et sécurisées. Chacune des tablettes répond à un nombre de scénarios métiers. De plus l’avantage avec Windows 8, est qu’il est commun aux PCs, tablettes et smartphones, ce qui permet d’envisager une administration unifiée, sur des terminaux très divers. C’est aussi un avantage énorme en matière d’économies sur les développements métiers. En fonction de ce qui est souhaité, par exemple, on peut scinder les tablettes en deux catégories : celles avec processeur ARM, ou celles avec avec processeurs x86. La première favorisera un contexte mono-applicatif, avec une application spécialement développée pour cet appareil en situation de mobilité- ce qui peut convenir dans certains métiers ou pour certains usages. La deuxième catégorie permet une administration plus poussée, connectée avec Active Directory par exemple, et permet de faire tourner à la fois de nouvelles applications, mais également les logiciels qui étaient déjà compatibles Windows 7.

Reprendre le contrôle

L’urgence pour les DSI est aujourd’hui de reprendre le contrôle sur cette mobilité offerte par les tablettes, et imposer règles de sécurité adéquates, sans pour autant perdre sur le gain de productivité qu’elles peuvent apporter.

Comment faire ?

  • Fournir les processus métiers sous forme de services. La mise en place d’un catalogue de services, dans un contexte de Cloud Privé, permet de faire évoluer les logiciels et les processus métiers accessibles via un «appstore».
  • Utiliser la virtualisation du poste de travail ou des applications pour s’affranchir des contraintes matérielles, et uniformiser les applications.
  • Le «Bring Your Own App» est une voie à suivre. Les offres de MAM (Mobile Application Management) comme celles proposées par de nombreux acteurs de la sécurité mobile en entreprise (McAfee, Symantec, etc.) permettent de bien gérer les apps et les données. La difficulté réside notamment dans l’isolation des Apps personnelles et entreprises, et dans certains cas maîtriser l’utilisation d’Apps non certifiées. Des solutions d’isolation peuvent être incorporées au sein des terminaux, ou au travers de technologies comme Symantec O3,Good Technology AppCentral ou Windows Intune.
  • Améliorer la sécurité des mobiles en définissant différents niveaux de sécurité, et en cartographiant les données sensibles de l’entreprise. Qui, quand, quoi, où sont les questions à se poser. Plusieurs points à suivre en particulier : la personnalisation des terminaux, par exemple avec la réalisation « masters » avec des données et des caractéristiques qui intègrent des éléments de sécurité comme des limitations et des permissions en matière de connexion, en matière de politique de mots de passe, en matière d’authentification; l’administration et le verrouillage des apps avec une gestion à distance; la mise en oeuvre de chiffrement; l’archivage et la sauvegarde des données provenant de tout type de terminal.
  • Etablir des règles d’usages pour les employés. Faire la part des choses entre les «envies» et les «besoins», et bien spécifier les différents niveaux d’accès et d’autorisation aux applications et aux données.
  • Sensibiliser les utilisateurs aux risques; D’accord leur manière de travailler a changé. Cela ne veut pas dire qu’on peut faire n’importe quoi.

Et l’iPad dans tout ça ?
Certes, l’iPad est déjà entré en entreprise, même plus que l’on ne croit. Il y aura probablement toujours des irréductibles. Une étude récente de IDC montre que l’iPad a un bon taux de pénétration : 23 % des interrogés en Europe ont complètement remplacé leur portable par un iPad. 90 % d’entre l’utilisent en situation de mobilité. Mais la plupart utilise encore un portable en complément. Probablement parce que ce type de tablette est limitée dans ses possibilités, à part l’effet «Waow» qu’elle dégage. En fait, encore une fois, tout dépend du niveau d’administration et de sécurité voulu. Si la DSI décide de mélanger tablettes iPad et tablettes Windows 8, une approche «app store» sera plus que nécessaire pour garantir la portabilité des applications quel que soit le terminal. Mais ce ne sera pas sans complexifier la donne.

About The Author

Cédric Dervaux

Directeur Digital Alliance Group.

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