Cloud : la nouvelle arme anti-dette informatique

Cloud : la nouvelle arme anti-dette informatique

À chaque projet de changement, de nouvelles fonctionnalités s’accumulent et il faut faire évoluer les anciennes, la maintenance enfle, les bugs applicatifs ou progiciels s’accumulent, l’infra s’engorge ? Autant d’alertes qui doivent faire penser à la dette informatique. Pour éviter qu’elle ne gonfle ou qu’elle ne se crée sur de nouveaux projets, une des stratégies possibles est de miser sur le cloud en mode IaaS, SaaS ou encore PaaS.

 Si l’infrastructure vieillit trop, un jour ou l’autre on en paye les conséquences. Mises à jour repoussées, mauvais refactoring, architecture non remise en cause, développement de briques sans test automatisé… Autant de causes (volontaires ou involontaires) qui peuvent venir gonfler une « dette » technique, encore appelée dette informatique…

Selon le concept inventé par l’informaticien américain Ward Cunningham en 1992, écrire un code source exige une conception logicielle maitrisée. Si le code n’est pas optimal, l’entreprise contracte une dette technique sur le produit qui se traduit par plus de maintenance notamment, et donc une perte de temps et d’argent. Et les intérêts correspondent aux frais annexes qu’induit un code de mauvaise qualité (typiquement le recours régulier à de la maintenance). L’analogie avec la dette financière est claire : plus l’on attend pour mettre à jour le SI, plus cher cela peut coûter !

Une situation exacerbée avec la transformation digitale vers laquelle chaque entreprise ou organisation doit désormais tendre. Voici pourquoi héberger une partie du SI dans le cloud, en mode IaaS, SaaS ou encore PaaS, permet de ne pas voir la dette gonfler et au contraire tendre à la diminuer . Les solutions existent sur le marché, notamment Azure de Microsoft.

Un patrimoine applicatif mal estimé

Pourquoi les entreprises en arrivent-elles à contracter une telle dette ? Accumulation d’applications, maîtrise approximative des flux… Les DSI ont aujourd’hui du mal à estimer leur patrimoine applicatif, le coût de maintenance et donc de la dette informatique. Certes, l’historique des SI peut être difficile à gérer. On n’ose pas toucher aux applis sous peine de réactions en chaîne à la moindre modification. Certains DSI héritent parfois de logiciels suite à une fusion-acquisition. D’autres n’ont pas fait l’effort de faire évoluer leurs applis ou ont préféré passer par des solutions de contournement pour ne pas investir.

Tant que la dette ne bloque pas la croissance, rien d’alarmant. Mais attention : dans un monde digital qui se transforme rapidement et évolue continuellement, le service rendu est de plus en plus en décalage. Concrètement, une infrastructure vieillissante peut poser des soucis aux équipes d’exploitation pour résoudre des sollicitations supports, pour implémenter les applis… Les tâches ne seront pas optimisées, exigeant plus de ressources temporelles, financières, humaines.

75 % du budget informatique consacré à la maintenance du SI !

Dans ce contexte, une des stratégies pour maitriser la dette informatique, ne pas en créer de nouvelle ou ne pas en créer du tout sur de nouveaux projets, consiste à puiser dans les trois modèles de service du cloud que sont l’IaaS, le SaaS et le PaaS. Ils permettent à une entreprise d’avoir accès à distance à des ressources informatiques de qualité, flexibles et évolutives sur un modèle de facturation et de mise à disposition à la demande. Les couts s’adaptent donc aux besoins et à l’activité réelle des entreprises permettant à ces dernières de se désengager de frais annexes tel que la maintenance des matériels que supportent les fournisseurs de cloud à travers leurs offres.

Le cloud évite de contracter une nouvelle dette informatique, car les mises à jour des logiciels sont automatiques et incluses dans le service ; l’entreprise adapte les services auxquels elle souscrit en fonction de son activité et de ses budgets ; elle a accès aux logiciels les plus récents ; il n’y a plus besoin d’investir lourdement dans des serveurs ou des logiciels… Fini donc l’obsolescence des codes sources, des architectures ou des applications. Fini les coûts de maintenance qui peuvent atteindre jusqu’à 75 % du budget informatique dans le secteur public, selon une étude du cabinet Gartner.

Une entreprise disposant, par exemple, du cloud Microsoft Azure va pouvoir passer, de façon instantanée, d’une version Windows 2003, qui n’est plus supportée depuis le 15 juillet 2016, à une version beaucoup plus récente. Une fois la mise à jour effectuée, l’entreprise a possibilité d’avoir un environnement pour implémenter des applis métiers (comptabilité, gestion de stock, de personnel, de flux de livraisons…), faire des montées de version, valider des nouvelles applis. Le tout sans avoir à payer le matériel et la maintenance qui va avec.

Héberger certaines parties du SI dans le cloud

Mais il ne s’agit pas forcément d’héberger tout le SI dans le cloud. Il est possible, par exemple, d’externaliser simplement la partie hardware (serveur, réseau et stockage) sur des machines virtuelles (VM). C’est ce qu’on appelle le mode IaaS, Infrastructure as a Service. Cela permet de s’affranchir de toutes préoccupations liées au matériel informatique. L’entreprise loue des serveurs et du stockage à un fournisseur. Cela permet de disposer rapidement des ressources dont ont besoin les équipes applicatives. Les fournisseurs peuvent également mettre en place un pacte pour la convergence de la dette technique ou encore un observatoire de la dette pour notamment connaitre le patrimoine applicatif du SI. Ce service ne prend pas en charge les éléments comme les applications, les données, le middleware, et l’OS, à charge pour les utilisateurs de les gérer et de les mettre à jour à chaque nouvelle version. Il faut, par exemple, compter moins de un euro par jour pour un serveur sous Windows, soit un très faible investissement par rapport à un serveur hébergé en interne avec tout ce que cela induit en termes de coûts (alimentation électrique, refroidissement, maintenance…).

Pour les applications avec un nombre d’utilisateurs limité ou utilisées sur le court et moyen termes, le mode SaaS, Software as a Service, peut se révéler avantageux. L’entreprise souscrit un abonnement en ligne pour avoir accès à des applications logicielles. Les données ne sont donc pas stockées en interne et les mises à jour des applis sont automatiques. Fini donc les migrations coûteuses pour mettre vos logiciels à jour. Les DSI sont ainsi libérés d’une lourde charge de travail et peuvent se concentrer sur d’autres projets.

Comptez, par exemple, deux euros par jour pour une solution CRM hébergée en mode SaaS. Tout est compris dans l’abonnement : aucun frais annexe lié à la mise à niveau, à des licences ou un renouvellement d’équipement.

Enfin, le modèle ultime du cloud, le PaaS, Platform as a Service, s’impose car il fournit un environnement d’exploitation (architecture et infrastructure) nécessaire au développement d’applications. C’est tout l’OS qui est externalisé. Il offre réseau, stockage, support logiciel et services de gestion. Nul besoin de déployer les technologies nécessaires aux applis modernes (OS sous-jacent, bus de message, serveur web…). Le PaaS fournit tout et facilite le travail des développeurs. L’exploitation du SI est simplifiée. Ce qui permet au final de raccourcir le time to market.

Les fournisseurs de services cloud aident ainsi à simplifier et rénover le SI de leurs clients, tout en réduisant le poids des ressources IT et en diminuant les frais annexes. Un cercle vertueux pour éviter de créer une nouvelle dette informatique. L’entreprise s’adapte plus vite aux changements, gagne en agilité et en flexibilité. Un véritable atout pour la transformation digitale !

A propos de l'auteur

Stéphane Legrand-Belleroche

Solutions Architect Specialist.

Recevez par mail les articles et actualités de Au coeur des InfrasJe m'inscris à la Newsletter