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Combien de VMs par LUN ? Ne nous trompons pas !

« Bonjour, nous avons des soucis de performances avec notre stockage. Je voudrais savoir quel est le nombre maximal de machines virtuelles par LUN ? Vaut-il mieux avoir beaucoup de machines sur une LUN ou plein de LUNs en répartissant les machines ? ».  Au détour de mes discussions avec les clients, on me pose très souvent cette question. Et elle fait sens ! Lorsque l’infrastructure devient virtualisée, l’inquiétude du responsable de production est en effet de savoir faire le bon choix en matière de stockage, sans pour autant sacrifier les performances.

Mais en pratique, ce n’est pas tout à fait de cette manière qu’il faut aborder le sujet. En effet, la VM n’est pas, et ne doit pas être une unité de mesure.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas qu’un seul type de VM. Il y a celles qui ne consomment pas d’i/o, comme les passerelles, et qui restent de petite taille ; il y a celles de taille moyenne, qui hébergent des petites bases de données, des postes de travail virtualisés ou des applications peu gourmandes, et qui ont un besoin limité en performances ; enfin, il y a celles très demandeuses en i/o qui hébergent des applications lourdes et critiques. Bref, dans une infrastructure virtualisée, aucune VM ne ressemble à une autre. Il est donc impossible de pouvoir répondre du tac au tac à la question du nombre de machines virtuelles par LUN de stockage. Il n’y a tout simplement pas de réponse standardisée.

Le profil i/O est une réponse pertinente

Comme c’est le cas dans le monde physique, se baser sur le profil i/o est bien plus pertinent pour choisir le stockage le plus approprié et lui appliquer les meilleures pratiques de chaque constructeur. «Il est en effet important d’avoir une idée générale du volume et du profil d’entrées/sorties que va générer une machine virtuelle selon le type d’application qu’elle héberge. Il s’agit de répartir les entrées/sorties entre les ressources de stockage disponibles. Trop i/o pour une même machine virtuelle unique, ou trop i/o vers un même datastore peut effectivement nuire fortement aux performances !
Le client doit donc définir quel niveau de performance est souhaité pour chacune de ses applications pour ensuite y associer le bon stockage. Depuis peu, chez certains constructeurs de stockage, il devient possible d’associer des classes de services prédéfinies à chaque machine virtuelle. L’approche est une des plus efficaces aujourd’hui.

Ne plus construire en silo

En fait, il s’agit aujourd’hui de réfléchir son stockage de manière différente. Jusque là, beaucoup d’entreprises ont bâti des infrastructures virtualisées en silo. Chaque LUN ou datastore* était construit en fonction d’un type d’utilisation (production, test, développement, poste de travail…). Mais ce type d’infrastructure, au bout de quelques mois, peut vite devenir problématique : lorsqu’une datastore est pleine, le client peut avoir tendance à en remplir une autre qui au départ n’était pas prévue pour les mêmes applications. «En mélangeant les types d’applications sur chaque datastore, c’est encore une fois la porte ouverte aux problèmes de performances» souligne Philippe Rolland.

Pour éviter ces problèmes, il convient aujourd’hui d’utiliser des technologies développées par les fournisseurs de virtualisation et par certains constructeurs de stockage. On peut citer SDRS chez le leader en la matière VMware ou les fonctions d’auto-tiering (utilisation au sein d’un même pool de stockage de plusieurs technologies de disques telles que SSD, SAS, NL-SAS) désormais intégrées dans certaines baies de stockage unifiées. Ces technologies permettent d’assurer la performance en diminuant les erreurs possibles de placement des VMs sur les datastore (voir l’exemple en vidéo ci-dessous).
De plus, toutes les technologies de stockage actuelles liées à la virtualisation ont terriblement progressé grâce aux APIs (et notamment VAAI, VASA proposé par VMware) Certaines baies de stockage disposent de fonctionnalités avancées (environnement multi-tiers, disques SDD, cache amélioré). Ces technologies vont dans le sens utilisateur final, qui souhaite aborder le stockage de manière de plus en plus confortable…

Philippe Rolland est Senior vSpecialist chez EMC. Les vSpecialists ? Une fine équipe multicasquette, avec à la fois en virtualisation, en stockage et en réseau.

Vidéo : Le couple gagnant VMware vSphere et EMC VNX

* La datastore est un terme utilisé par VMware. Il s’agit d’un conteneur logique de stockage. Elle est équivalente à une LUN qui contiendrait un seul volume VMFS.

Le petit + de l’expert :
A lire pour en savoir plus : www.emc.com (fichier pdf)

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SCC

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