Le paradoxe des baies Flash

En stockage, plus ça va, plus il en faut. Quoi donc ? De la performance, pardi !
La virtualisation, l’explosion des applications gourmandes en I/O, la croissance exponentielle du volume de données et la nécessité d’y accéder rapidement sollicitent intensivement les infrastructures informatiques. Le souci, c’est que les DSIs doivent privilégier le coût aux performances. La mémoire Flash, qui se décline sous plusieurs formes, semble ainsi être le remède : elle surclasse largement le disque en termes d’IOPS (parfois ces baies atteignent près d’un million d’IOPS !), elle améliore la productivité, avec progressivement un coût en baisse. Alléchant ! L’offre, encore jeune, monte petit à petit en puissance sur le marché, et beaucoup ne sont encore portées que par des start-ups.

Mais il y a un mais. Car le paradoxe, c’est que beaucoup d’entreprises ayant identifié des besoins en temps de réponse et d’IOPS, sont prêtes à considérer des solutions Flash qui, parce qu’elles sont encore jeunes, ne sont pas suffisamment résilientes. Et pourtant, ce sont les données et les applications les plus critiques qui sont concernées. Impensable ! Si les baies Flash apportent une véritable réponse sur le marché, ce ne sont pas des solutions miracle.

Impact non négligeable sur les processus d’entreprise

Les baies Flash ont un impact non négligeable dans les processus d’entreprise. La notion de disponibilité est en effet encore mal adressée. Je ne saurais que trop conseiller, lors des POCs avec ce type de baies, d’appliquer une méthodologie pertinente : comment j’identifie mes points de contention, comment je les enlève, comment je gère l’autotiering en fonction de la criticité.

A mon avis, trois questions fondamentales doivent être posées avant d’envisager le passage aux baies Flash.

1. La maturité de la solution dans un environnement critique. Il faut voir cela comme un autre tier de stockage qui apporte des nouveautés dans l’infrastructure. Souvent les tests sont faits sur la partie performance, et plus rarement sur la partie résilience.

2. La détermination des zones sensibles. Cette notion de working set est fondamentale. Est -ce que la zone critique de mon environnement applicatif est facile à déterminer, sachant qu’elle bouge dans le temps ? Puis-je la faire évoluer ? En clair, mettre au point le HSM du Flash.

3. La mesure de l’efficacité de cette brique accélérée ? Il est nécessaire d’avoir des outils adaptés, les méthodes de mesures standard ne fonctionnant pas avec les baies flash. Tant que des mesures correctes ne sont pas faites, impossible d’atteindre le régime de croisière sur la baie.

En somme, il s’agit réellement d’évaluer en amont l’impact d’une baie Flash sur l’existant ce qui n’est certainement pas anodin.

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SCC

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