L’Edge Computing, à la périphérie de la Smart City

L’Edge Computing, à la périphérie de la Smart City

Alternative au Cloud, l’Edge Computing est amené à se déployer aux portes de la ville du futur. Toujours plus connectés, nos centres urbains devront s’appuyer sur une infrastructure de proximité capable de gérer l’explosion de l’intelligence embarquée et de garantir la disponibilité des flux d’information. C’est même là une condition de la performance des villes qui concentrent déjà un volume de données quasi infini.

 

Vers un futur « big data urbain »

Derrière le concept, la ville du futur est déjà une réalité. D’ici 2020, ce marché pourrait atteindre une valeur de 400 milliards de dollars (*). Dans le sillage des mégalopoles asiatiques, de grandes capitales se transforment déjà et testent leurs modèles de Smart Cities jusqu’à déployer de véritables laboratoires connectés. Mesure de la qualité de l’air, régulation du trafic, du stationnement, gestion des réseaux et des déchets, surveillance, contrôle des futurs véhicules autonomes… La ville intelligente est avant tout une ville qui est connectée entre différents réseaux, eux-mêmes alimentés par un volume quasi infini de données issues des capteurs et des IoT (Internet des Objets). Ce futur « big data urbain » va donc dépendre de la capacité des réseaux et des centres de calcul à enregistrer, agréger, traiter et dispatcher les informations.

 

Performance des systèmes et connectivité des réseaux

Le futur est à la périphérie des villes. Le volume des données généré par les projets de Smart Cities imposera en effet la mise en place d’un réseau décentralisé capable de traiter les données localement au plus près des capteurs, c’est-à-dire là où elles sont produites. Selon IHS Markit, 10 à 20 % des besoins totaux de calcul et de stockage seront réalisés en local d’ici à 2020, en fonction du secteur concerné. Fondé sur une architecture informatique distribuée ouverte, l’Edge Computing offre une puissance de traitement décentralisée jusque dans les objets eux-mêmes. Un exemple : l’information recueillie par un ensemble de caméras de vidéosurveillance, à partir de l’analyse du trafic local, permet sa régulation à l’échelle d’un quartier ou d’une ville.

A l’accélération des flux s’ajoutent la réduction de l’empreinte énergétique liée à l’infrastructure, celle du temps de latence et une meilleure résilience. C’est d’autant plus important que la ville de demain dépendra de la performance de ses systèmes et de la connectivité de ses réseaux. Le haut niveau de criticité de stockage, de traitement des données et de l’ensemble des applications corrélées est à la hauteur des enjeux que peut représenter la moindre interruption. Sans compter que la concentration urbaine augmente : 50% de la population mondiale vit aujourd’hui dans les villes et ce pourcentage passera à 70% en 2050 !

 

Les nouvelles passerelles de l’Edge Computing

Par son déploiement « prêt à l’emploi », à « la périphérie de la ville », l’Edge Computing est en mesure de répondre avec réactivité aux besoins et aux évolutions en termes d’habitat, de mobilité ou encore de services publics. La notion de proximité reste essentielle lorsque le traitement intelligent de la donnée est mis au service des citoyens. L’Edge Computing, qui fait « redescendre » l’intelligence au plus près des dispositifs connectés, peut s’accompagner d’une « gateway », un système embarqué doté de capacités de calcul, de stockage et de moyens de communication. Véritable passerelle entre les éléments physiques et la sphère numérique (Cloud Computing), il prend la forme d’un boîtier intégrant capteurs et logiciels d’analyse, et permet notamment le suivi en continu et en temps réel de nombreux paramètres atmosphériques (température, humidité, taux de particules, concentration en dioxyde de carbone…) et, pourquoi pas, fédérer demain les capacités de calculs de plusieurs gateways. Nul doute qu’à terme, l’Edge Computing nécessitera des solutions nouvelles et des architectures de processeurs optimisées pour des calculs plus rapides et moins gourmands en énergie. Et son adoption s’annonce d’ores et déjà essentielle dans le cadre du déploiement du réseau mobile 5G… qui préfigure la ville du futur.

 

(*) Source : Big Data Magazine

A propos de l'auteur

Sebastien Hurst

Responsable Département Avant-Vente

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