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Multi-cloud : révolution ou fausse promesse ?

Multi-cloud : révolution ou fausse promesse ?

Flexibilité, transparence, expertise, pilotage unifié : l’avenir des infrastructures semble appartenir au multi-cloud. Mais pas sans quelques défis à surmonter…

 

Encore anecdotique il y a une dizaine d’années, le Cloud Computing continue de croître de manière exponentielle, s’enrichissant sans cesse de nouveaux services et de nouvelles innovations technologiques. Dans un marché désormais ultra-concurrentiel, les organisations sont de plus en plus nombreuses à choisir de mixer des solutions plutôt que de tout miser sur le même fournisseur ou la même technologie. Le multi-cloud est né !

 

D’ici 2021, 98 % des entreprises auront adopté une architecture multi-cloud

Le multi-cloud, comme son nom l’indique, consiste à utiliser conjointement plusieurs solutions cloud issus de plusieurs fournisseurs. Certains estiment qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de l’équivalent du cloud hybride. En réalité, ils correspondent à deux visions distinctes du cloud computing.

Un cloud hybride est la combinaison d’un cloud privé (on-premise) et d’un cloud public. Le multi-cloud, en revanche, fait référence à des solutions combinant au moins deux plateformes cloud publiques issues d’au moins deux fournisseurs différents.

Un sondage réalisé par IBM Institute for Business Value révèle que 98 % des organisations envisageraient d’adopter des architectures multi-cloud d’ici 2021. Mais pourquoi un tel engouement ?

D’abord parce que le multi-cloud permet d’avoir le choix, et d’éviter d’être totalement dépendant d’un seul fournisseur, tout en tirant parti des domaines d’expertise technologique propre à chaque plateforme. Par exemple, une entreprise peut choisir Amazon AWS pour sa puissance de calcul, Microsoft Azure pour ses services de bases de données, et Alibaba Cloud pour les data analytics.

Ensuite parce que cette flexibilité et cette agilité permettent d’élargir les possibilités de design d’architectures et de répartir les charges sur des environnements distincts.

Mais aussi séduisant que cela paraisse sur le papier, la mise en œuvre d’une stratégie multi-cloud s’avère en réalité complexe, notamment en termes de gouvernance, de sécurité, d’intégration et de coûts financiers.

 

Les multi-défis du multi-cloud

L’un des premiers risques du multi-cloud, c’est de se retrouver exposé à une prolifération de fournisseurs, et donc à une gestion technique, opérationnelle et administrative plus complexe.

Et notamment parce que cela demande aux équipes de développement de maîtriser les particularités techniques propres à chaque environnement, et de comprendre comment chacune des briques technologiques devra fonctionner avec les autres dans une infrastructure hétérogène, afin d’éviter de créer davantage de silos. D’un point de vue métier, cela signifie également coordonner des SLA, des indicateurs de service, des modes de reporting, ou encore des modèles de pricing et de facturation variés. Sans compter la question de la responsabilité en cas d’incident, qui devient de fait plus complexe à déterminer dans un environnement multi-parties-prenantes.

Même constat côté sécurité : la multiplication des composants et des interfaces dans une solution multi-cloud élargit la surface potentielle de vulnérabilités et d’attaques. D’autant plus que les données peuvent facilement se retrouver fragmentées et dupliquées sur plusieurs services de stockage.

La gestion de la donnée s’avère donc particulièrement critique dans un environnement multi-cloud, d’une part pour garantir le respect des règles en termes de protection des données privées, de sécurité, de souveraineté et de rétention, d’autre part pour éviter une augmentation des coûts opérationnels qu’entraîneraient le stockage et le transfert répété d’une même donnée auprès de plusieurs fournisseurs.

 

Alors, le multi-cloud : fausse bonne idée ?

Un projet de déploiement multi-cloud nécessite avant tout une solide planification en amont, à la fois technologique et organisationnelle, pour permettre de scinder et de provisionner des applications sur plusieurs clouds, tout en optimisant leur exploitation.

L’éducation est d’abord fondamentale : connaître les produits, les outils utilisés et la façon dont ils peuvent fonctionner ensemble est critique. Il faut ensuite définir l’architecture multi-cloud et la roadmap de migration pour planifier les choix de services. Les technologies émergentes de micro-services et d’orchestration de conteneurs suscitent aujourd’hui un intérêt croissant.

Elles favorisent en effet la réalisation de déploiements multi-cloud en facilitant le processus de refactoring et de migration des charges d’environnements on-premise à des environnements cloud, quels qu’en soient les fournisseurs. En complément, les services FaaS (Function as a Service) connaissent actuellement une adoption croissante, faisant progressivement du développement cloud-native une norme.

Enfin, il est essentiel pour les entreprises de mettre à jour leurs outils de management et d’automatisation pour assurer la bonne exploitation de leur environnement multi-cloud. Car l’échelle, la distribution et la complexité des systèmes multi-cloud rend l’automatisation absolument indispensable, tout comme une stratégie de gouvernance efficace, qui permette à la fois de simplifier l’exploitation et d’accélérer les prises de décision.

Des plateformes de gestion cloud (cloud management platforms) permettent aujourd’hui aux organisations de piloter plusieurs clouds via un tableau de bord unique, tout en étant capable d’automatiser certaines tâches, de monitorer et de gérer le cycle de vie des applications. IDC prévoit ainsi que les dépenses en services cloud managés (managed cloud services) atteindront 75 milliards de dollars d’ici 2022, soit près de 25 % de la totalité des sous-traitances technologiques.

Les organisations qui envisagent aujourd’hui de déployer un environnement multi-cloud doivent avant tout avoir une vision et une stratégie claires. Déterminer si et pourquoi une architecture multi-cloud est justifiée, quelles évolutions techniques et technologiques cela impliquera en amont, comment les questions de gestion opérationnelle et de sécurité seront adressées, quelle gouvernance devra être mise en place, etc. Cela doit être envisagé comme un projet d’entreprise à part entière, pour s’assurer de répondre aux exigences de performance, de fiabilité, de sécurité, de conformité et de respect du budget. Il peut alors être utile de se faire accompagner par des experts qui sauront vous guider à chaque étape de votre projet.

About The Author

Sebastien Hurst

Responsable Département Avant-Vente

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