Oracle peut-il être vraiment crédible dans la BI ?

En quoi l’appliance in-memory Oracle Exalytics est-elle intéressante en comparaison avec les autres solutions analytiques du marché ? Grande question ! Si la démo d’Exalytics a créé le buzz à Oracle Open World en fin d’année dernière, la légitimité de Oracle dans le décisionnel était toujours à confirmer. En matière de BI, le leader de la base de données n’est pas forcément celui à qui on pense en premier.

Pourtant, Exalytics mérite considération, et pas qu’un peu. Certes, en tant que responsable de la BU Oracle chez SCC, vous allez forcément vous dire que mon argumentaire est biaisé. En toute franchise, et pour avoir analysé la concurrence, Exalytics a réellement de bons arguments.

Le produit est difficile à positionner sur le marché : il couvre à la fois la BI d’entreprise, la BI agile, le Big Data…On le place souvent en frontal face à SAP HANA, puisque ce dernier est aussi « in Memory ». C’est en partie vrai, si l’on couple Exalytics à Exadata, et HANA à Bo4.

Idem, QuilkView est aussi souvent cité comme concurrent, mais lui ne sait gérer que des données structurées en local. C’est une solution départementale, non d’entreprise, et pas une solution de BI “in memory”.
Il est donc très difficile de le comparer avec le reste du marché. Exalytics se positionne de manière transverse et est, selon les cas en concurrence ou non avec ces solutions.

De plus, Exalytics voit large et vise des clients multiples, que ce soit pour du Big Data, de la BI agile, de la BI d’entreprise ou de la consolidation de données comptables. Le fait que ce soit la seule appliance avec serveur intégré contribue aussi à en faire un ovni de la BI…Ce positionnement a des avantages, puisque la machine peut répondre à beaucoup de besoins. Mais son aspect généraliste peut aussi lui faire perdre du crédit.

Analyse à la vitesse de la pensée

Concrètement Exalytics combine à la fois serveurs et logiciel, dotée d‘ 1To de RAM, de processeurs et disques massivement parallèles et interconnectés en Infiniband à 40 Gbits. Larry Ellison, CEO d’Oracle, annonce des performances 50 fois supérieures à celles des solutions de BI traditionnelles. Au cœur de la machine, la base de données in memory de Timesten rachetée en 2005, la version Oracle Business Intelligence avec la base multidimensionnelle EssBase regroupée sous le nom Oracle BI Foundation. Exalytics est donc optimisée pour les analyses de données, qu’elle effectue «in memory» (en mémoire) et en temps réel, «en moins de temps qu’il ne faut pour saisir la question», comme l’a résumé Larry Ellison, CEO de Oracle lors du show annuel. Tout est très rapide : la compression des données se fait à 200 Go par seconde, et il ne faut que 5 secondes maximum pour que la machine ait scanné l’intégralité des données stockées en mémoire. En fait, la concurrence elle aussi s’appuie sur une technologie «in memory», c’est désormais un must have, et annonce aussi des performances impressionnantes. Ce n’est donc pas le seul argument à retenir.

Les différenciateurs

Un point intéressant chez Oracle, c’est la capacité de ne pas mettre obligatoirement toutes les données en mémoire. Il est possible d’arbitrer en fonction des besoins de rapidité de traitement, de les placer soit in Memory, soit sur disque. Autre atout, elle est multi-sources : elle a la capacité à traiter tout type de données, structurées et non structurées, ce qui n’est pas le cas des autres solutions du marché. Par ailleurs, pour plus de performances, ici quatre types de cache sont utilisés pour précharger en mémoire les données avant que l’algorithme analyse le comportement des utilisateurs et des données. Exalytics est de plus compatible avec tous les outils de BI du marché. Elle peut donc faire fonctionner toutes les applications décisionnelles existantes sans aucun changement, et sans besoin de réécrire les applications pour les rendre compatibles, contrairement à d’autres. Enfin, sur une même console, il est possible de mixer tableaux, chiffres, graphes et cartes issues des analyses de données. Bref, toute la richesse d’informations dont l’expert métier veut disposer pour arriver à faire le lien entre des éléments a priori totalement distincts, depuis un seul point. Et il peut même y accéder via une tablette.

Quelques réponses aux questions que vous vous posez

Dans ce domaine très nouveau du « in Memory », beaucoup de questions sont soulevées autour de Exalytics. Quelques réticences légitimes, sur l’approche elle-même et le coût.

Exalytics ne peut pas fonctionner seul, il faut forcément lui associer une solution de stockage. Non, il peut fonctionner de manière autonome. Il est vrai que l’appliance est gorgée de RAM, mais dispose de peu de stockage : 3.6 To de disques (mais les 1To de RAM peuvent supporter jusqu’à 5 To). En fait, tout dépend du volume de données à traiter ! Si on a besoin de plus de stockage, il faut effectivement coupler l’appliance avec un autre système. Faut-il obligatoirement que ce soit de l’Oracle Exadata ? Non. L’appliance s’interconnecte avec d’autres systèmes existants, comme Terradata, par exemple.

Oracle, c’est trop cher. Question récurrente ! Certes, la machine a un coût. Avec un prix public de 135 000 dollars, sachant que cela n’inclut pas les licences, cela peut être effectivement significatif. Si vous n’avez pas beaucoup de données à analyser, le ROI sera difficile à justifier, mais ce sera le cas avec toute solution équivalente. A noter, certaines PME ont choisi Exalytics parce qu’elles n’avaient pas les moyens d’investir dans une « grosse » solution de BI ou de Big Data. Exalytics pour les PME permet d’envisager rapidement des projets “sans effet tunnel” sur les données structurées et non structurées, grâce au rachat de la technologie Endeca. D’ailleurs, Exalytics est une cible privilégiée pour les clients BI ou EPM, qui ont besoin de performance pour rationaliser leur infrastructure de BI.

De plus aujourd’hui, beaucoup d’entreprises doivent faire face à une quantité de données impressionnante, et certaines solutions de BI classiques reviennent beaucoup plus chères, en coût de maintenance, en coût humain pour les traiter. La mutualisation de tous types de données sur une seule plate-forme, accessibles depuis une seule console, avec l’intégration à la fois matérielle et logicielle dans un espace réduit est une bonne équation pour obtenir un bon TCO. C’est peut-être pour cette raison qu’Oracle a constaté une croissance de 17 % l’an dernier sur la BI. Oracle aura plus de 10 références en France d’ici quatre mois et 40 ventes d’Exalytics sur son année fiscale. La preuve qu’elle est en passe de devenir crédible sur le secteur.

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SCC

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